logo-123f
Le carnet du fleuriste
Actualités, conseils et histoires de fleurs

Les 5 fleurs incontournables de la Toussaint

Habiller un emplacement au cimetière le 1er novembre revient à choisir des fleurs qui vont passer la saison froide dehors, sans personne pour les surveiller, parfois sous une première gelée. Cinq variétés tiennent vraiment ce contrat. Voici ce que chaque fleur vaut face au froid et au sol du cimetière, et comment les associer pour un hommage qui dure toute la saison.

Banniere (12)

Le chrysanthème, la valeur sûre des cimetières

Le genre Chrysanthemum fleurit quand tout le reste s'arrête, en pleine morte-saison du jardin. En France, l'essentiel des ventes de chrysanthèmes se concentre sur les dix jours qui précèdent le 1er novembre.

 

Le multiflore, boule dense de fleurs serrées de 40 à 60 cm, est la forme faite pour le cimetière ; les grandes fleurs à tige unique, prévues pour le bouquet, supportent mal le vent. Son point faible est l'eau : en pot, le sol sèche vite et la potée perd ses boutons avant de les ouvrir.

Photos_Blog_2 (280 × 280 px) (63)

La bruyère, celle qui ne demande presque rien

La plus robuste des cinq fleurs de la liste. Deux espèces se cachent sous ce nom, ce qui explique bien des déceptions au jardin. La callune, Calluna vulgaris, fleurit d'août à novembre, et beaucoup de variétés gardent des boutons colorés qui ne s'ouvrent jamais. Erica carnea prend le relais de décembre à avril. Les deux passent -20 °C sans broncher, quel que soit le sol.

Le sol, pas le froid

La callune exige un sol acide, entre pH 4,5 et 5,5, et jaunit dans un sol calcaire. Erica carnea est la seule à tolérer un sol neutre. Sur un emplacement au cimetière, où la terre rapportée est souvent calcaire, c'est cette nuance de sol qui décide, pas la rusticité.

Photos_Blog_2 (280 × 280 px) (64)

L'aster, la seule vraie note bleue

Rangé aujourd'hui dans le genre Symphyotrichum, il donne la seule vraie tache bleue de la saison : du blanc au mauve profond, et il fleurit tout septembre et octobre. C'est une vivace de jardin qui revient chaque année, peu exigeante sur la nature du sol, de 30 à 120 cm selon les variétés, rustique jusqu'à -20 °C.

Photos_Blog_2 (280 × 280 px) (65)

Le dahlia, le dernier à tenir avant le gel

Le dahlia ne supporte pas le gel, et c'est précisément ce qui en fait la dernière fleur de la saison à tenir : il fleurit sans interruption jusqu'à la première gelée, puis s'arrête net. Ses couleurs vont du blanc au pourpre presque noir, avec un rose corail franc chez certains cultivars. C'est la fleur à couper pour un bouquet de deuil, plutôt qu'une fleur à planter en pleine terre au vent d'un cimetière. Les tubercules se rentrent au sec dès -5 °C, dans un sol qui a eu le temps de sécher.

Photos_Blog_2 (280 × 280 px) (66)

Les graminées, le feuillage qui dure jusqu'en mars

Les seules plantes de la liste qu'on n'achète pas pour leurs fleurs. Pennisetum, stipa et carex donnent un feuillage souple et des plumes claires qui accrochent la lumière rase de novembre, et tiennent de -15 à -25 °C dans n'importe quel sol bien drainé. L'erreur classique au jardin consiste à les rabattre en novembre pour faire propre : une seule taille par an, en mars, en fin de saison de repos.

Quelles fleurs résistent le mieux au gel ?

Trois de ces fleurs traversent la saison froide au cimetière sans rien demander. Dans l'ordre du plus solide au plus fragile, la callune offre une floraison longue et un port dense, résiste jusqu'à -20 °C et se contente d'un entretien presque nul sur un sol acide. Les vivaces bleues comme l'aster apportent le bleu et le mauve profond, résistent également jusqu'à -20 °C quel que soit le sol, et se contentent d'être rabattues après la floraison. Carex et stipa donnent du feuillage et des plumes toute la saison froide, tiennent de -15 à -25 °C, et ne demandent qu'une taille en mars. Le chrysanthème, plus fragile, apporte volume et tons francs mais ne résiste qu'entre -5 et -10 °C et réclame un sol toujours frais. Le dahlia, le plus sensible, offre la dernière floraison de la saison avant le gel mais s'arrête dès 0 °C, ce qui impose de rentrer le tubercule.

En pot, retirez 5 °C

Ces températures valent pour des fleurs en pleine terre, où le sol protège les racines. Dans un pot posé sur une dalle de cimetière, le sol gèle de tous les côtés : un chrysanthème donné pour -10 °C se comporte comme à -5 °C.

Quelles fleurs choisir pour un cimetière ?

Le fleurissement d'un cimetière obéit à un code de teintes officieux, le même partout, mais que tout le monde lit. Le blanc dit le respect. Le jaune et le bronze du chrysanthème sont ceux de la saison. Le violet et le mauve portent le deuil sans l'appuyer. Le rose dit l'affection sans la gravité. Les roses coupées, elles, parlent du disparu plus que du deuil : la couleur se choisit en fonction de lui, de l'ivoire pour un adieu retenu, du corail pour un lien tendre. Pour un emplacement qu'on ne revient pas arroser avant plusieurs semaines, une fleur en pot bat les fleurs coupées, et huit plantes de cimetière se passent presque totalement de soins.

Au pied de la stèle

Un chrysanthème multiflore au centre, deux callunes en bordure, une touffe de carex en retrait.

En jardinière

Callunes basses et vivaces bleues dans le même registre, avec un stipa pour la souplesse et un rose pâle pour réchauffer l'ensemble.

Au jardin

Vivaces bleues en fond, carex au milieu, callunes en bordure : ces trois fleurs reviennent seules chaque saison dans un jardin exposé plein sud, quel que soit le sol.

 

Comment entretenir ces fleurs pour qu'elles durent après la Toussaint ?

Quatre gestes suffisent, et le premier est le moins intuitif : une potée en extérieur a soif même en novembre, le vent asséchant le sol plus vite que la fraîcheur ne le conserve. Le reste du fleurissement d'une tombe suit la même logique, que les fleurs soient au jardin ou au cimetière.

Les quatre gestes qui changent tout

Il faut arroser dès que les deux premiers centimètres de sol sont secs, jamais sur un sol gelé, et sans soucoupe, car elle gèle et fait éclater les racines. Il faut ensuite retirer les fleurs fanées au fur et à mesure, ce qui relance la floraison du chrysanthème et des vivaces. Il faut aussi laisser le feuillage en place jusqu'en mars, car il protège le cœur de la touffe. Enfin, il faut rentrer les tubercules de dahlias au sec dès les premières gelées, ou pailler épais si l'hiver est doux.

Ainsi entretenues, ces fleurs tiennent jusqu'aux fêtes de fin d'année pour le chrysanthème, et jusqu'au printemps suivant pour les vivaces.

jardin2

Peut-on planter ces fleurs en automne pour qu'elles fleurissent à la Toussaint ?

Pour cette année, non : une fleur mise en terre en octobre n'a pas le temps de s'installer dans le sol avant l'hiver. La bonne question est celle de la saison suivante.

Le calendrier, fleur par fleur

Callunes et carex se plantent en septembre et octobre ; les asters se divisent en mars, le chrysanthème de jardin se plante en avril, ceux du dahlia attendent mai.

Les autres rendez-vous de la saison

Le reste du calendrier a ses propres rendez-vous : les pivoines et les hortensias se plantent aussi à l'automne, les griffes de muguet en octobre, les bulbes de lys au printemps.

Le sol avant tout

Dans tous les cas, au jardin comme en pot, c'est le sol qui décide : une terre détrempée tout l'hiver tue plus de fleurs que le froid. Ce guide tient finalement en une phrase, au cimetière on n'achète pas une fleur, on achète une saison.

Des bouquets qui pourraient vous plaire

DÉCOUVRIR
Coupe de Callumas
DÉCOUVRIR
DÉCOUVRIR
Pomponettes Colorées
DÉCOUVRIR
DÉCOUVRIR
Petit Jardin
DÉCOUVRIR
PARTAGEZ CET ARTICLE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX